L’identité musulmane

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Chaque créature et création à des devoirs dictés par son Créateur. L’alternance du jour et de la nuit, le fait que la terre et toutes les autres planètes tournent constamment autour du soleil sont des exemples qui nous montrent que chaque chose est créée pour effectuer une tâche qui lui est propre  en ayant comme objectif de l’accomplir comme il a été exigé. Les phénomènes naturels comme le levé et le couché du soleil, la végétation, les innombrables espèces végétales, la faculté de donner naissance attribuée uniquement aux femmes et encore bon nombre d’exemples sont des faits se réalisant de façon continuelle dans un temps déterminé et prescrit. Le Saint Coran fait référence à cette situation en disant : « Telle est la règle de Dieu appliquée aux générations passées. Et tu ne trouveras jamais de changement dans la règle de Dieu »[1]. Comme l’objet de toute création est de suivre une règle définie par Dieu, il est évident que l’Homme qui est le summum de la création a été choisi pour atteindre certains objectifs fixés par le Seigneur. Ces buts peuvent être atteints seulement par les croyants car, seul un croyant en un Dieu unique exercera ses recommandations.

Deux aspects qui se complètent

Le musulman contient en lui deux aspects. L’un est l’aspect humain, l’autre est l’aspect de la croyance. L’aspect humain du musulman est ce qu’il a en commun avec tous les êtres humains, le musulman naît, se développe et grandit. Il subvient à tous ses besoins afin de poursuivre sa vie, il peut être riche ou pauvre, il a une famille, des enfants à charge. Tous ces exemples et bien d’autres encore sont des situations communes à tous les membres de la société.  En ce qui concerne l’aspect de la foi que renferme le musulman, cette croyance l’oriente et l’aspire vers un but précis. Tout au long de son existence, un effort continuel est exercé afin d’atteindre les objectifs que Dieu nous fixe. La Parole de Dieu, dans différentes sourates nous donne une image du musulman qui constitue, avec un regard général son identité. Grâce à ces versets nous avons la réponse aux questions comme, qui est le véritable musulman ? quels sont ces objectifs ? Ou encore quelles sont ces responsabilités ?

Dans la sourate Al-Imrân, le 3ème chapitre du Saint Coran, notre Seigneur énumère et fait l’éloge de certaines caractéristiques que devrait posséder le croyant pieux. Selon le Coran, pour avoir le privilège de faire partie du cadre des musulmans pieux, il faut dépenser dans l’aisance et dans l’adversité, dominer sa rage et pardonner à autrui. Quiconque agit de cette façon devient un bienfaisant et Dieu annonce à la fin du verset qu’il aime les bienfaisants. Si Dieu affirme qu’Il aime ces vertus, c’est pour encourager à les mettre en pratique. Toujours à propos du comportement du musulman, un autre point est mis en lumière dans le verset suivant. Il est informé que ce qui ont commis quelque turpitude ou causé quelque préjudice à leurs propres âmes (en désobéissant à Dieu), doivent se souvenir du Seigneur et demander pardon pour leurs péchés. Puis partant du constat que personne n’a le pouvoir de pardonner les péchés, Il pose l’interrogation suivante : « qui pardonne les péchés sinon Dieu ? » et le verset se termine en revenant sur la psychologie de celui qui commet un tort en affirmant que celui-ci ne persiste pas sciemment (volontairement) dans le mal qu’il fait. Enfin, le Saint Coran octroie une récompense, celle du pardon et du Paradis pour celui qui détient dans son âme et donc naturellement dans ses actions ces  vertus[2]. On peut voir à travers ce court passage du Coran une partie de l’identité du musulman. Les vrais croyants doivent avoir la faculté de donner dans la facilité mais aussi donner dans la difficulté, de  contrôler leur colère, de se souvenir de leur Créateur après avoir commis un pêché, de savoir se retourner, s’orienter de nouveau vers Dieu afin de Lui demander pardon.

La concurrence dans les bonnes oeuvres !

La personne croyante est au service du bien et de tout ce qui est bon. C’est aussi un homme d’action. Il est en action concernant le faite d’effectuer des bonnes œuvres. Notre Seigneur dit « rivalisez donc dans les bonnes œuvres »[3]. Dieu nous invite et nous encourage à être dans une concurrence dans l’application des bonnes actions. Cette forme de concurrence était présente au sein des compagnons du prophète.

À titre d’exemple, lorsque le verset « Vous n’atteindrez la (vraie) piété, que si vous faites largesses de ce que vous chérissez. Tout ce dont vous faites largesses, Allah le sait certainement bien »[4] a été révélé, les compagnons se sont précipités à donner le meilleur de leur bien. En d’autres mots, dans le verset que nous avons cité plus haut, il est demandé d’être empressées, de se précipiter lorsqu’il s’agit de faire le bien. Et dans le même contexte le Prophète nous interpelle en disant : « Dépêchez-vous de faire des choses utiles[5]. Le musulman doit être attentif et doit saisir chaque opportunité afin de faire des bonnes actions et de les accumulées. Parce qu’il sait que notamment un livre lui sera présenté le jour du jugement dernier, le livre de ses actions. Son sort sera entre les lignes qu’il a écrit tout au long de sa vie sur terre : « Ceux dont la balance est lourde (ceux dont le poids des bonnes actions l’emporte sur celui des mauvaises) seront les bienheureux ; et ceux dont la balance est légère seront ceux qui ont ruiné leurs propres âmes et ils demeureront éternellement dans l’Enfer »[6]. C’est pourquoi, une personne réfléchie doit pouvoir mesuré la finalité de ses actes et pour cela, il faut d’abord mesurée sa pensée.

Une panoplie abondante

Nombreuses sont les possibilités de faire des bonnes choses. Notre Seigneur nous dit : « Et tout ce que vous faites de bien, certes Dieu le sait » (Coran, 2 :215). Le point important à retenir ici est qu’il n’y a pas une forme spécifique limitée de faire le bien au contraire, Dieu généralise la fonction de faire le bien et nous encourage à effectuer n’importe quelle bien. C’est pourquoi, aucune bonne action doit être méprisés. La devise du croyant devient alors dans un sens comme dit Raoul Vaneigem «La qualité l’emporte sur le nombre ». À titre d’exemple le Prophète dit : « protégez-vous du feu ne serait-ce qu’en donnant la moitié d’une date ». Dans ce Hadith, il est encouragé de donner quelque chose en tant qu’aumône, même si la quantité est moindre. En d’autres mots il est dit que l’importance n’est pas la quantité mais la qualité! On peut faire références ici au terme « al-ikhlâs« , c’est-à-dire la sincérité.

Au sujet de faire des bonnes actions Dieu prend en compte le degré de sincérité et de l’effort donné. Les choses considérées comme bonne dans l’Islam sont faciles d’accès. Par exemple le prophète dit : « chaque Tasbîh (dire « Soubhalallah »), chaque Tahmîd (dire « Elhamdoulillah ») est une aumône, une bonne parole est une aumône ». Dans un autre Hadith il est dit : « L’homme qui subsiste aux besoins de sa famille tout en attendant la récompense de son Seigneur constitue pour lui une aumône »[7]. Le système est simple : dans n’importe quelle situation, tout ce qui est considéré comme bon est encouragé même si ce n’est qu’un iota. Car le Porphète affirme : « Ne sous-estimes aucun bien, même le faite d’être souriant envers ton frère »[8]. Il faut savoir que derrière chaque bonne action, se cache la satisfaction divine.

Nasif. B

[1] Coran, 48 : 23.

[2] Coran, 3 : 133-136.

[3] Coran, 2 : 148.

[4] Coran, 3 : 92.

[5] Hadîth rapporté par Muslim, îmân n°186 ; Tirmidhî, Zuhd n°3 ; Ibni Mâce, Ikâme n°78.

[6] Coran, 23 : 102,103.

[7] Hadîth rapporté par Bukhârî, imân n°41 ; Muslim, Zakât n°49.

[8] Hadîth rapporté par Muslim, Birr n°144 ; Tirmidhî, Birr n°45.